dimanche 15 novembre 2015

Des nouvelles d'Otto Dreier... ^^

Voici le courrier trouvé à l'instant dans ma boite aux lettres, et reçu du Deutsche Dienststelle. Le courrier est rédigé en allemand, je vous en propose une traduction libre:
"Madame,
Voici les informations retrouvées au sujet d'Otto Dreier, né en 1923 à Zwenkau:
* est affecté la 2ème compagnie du 753ème régiment des chasseurs de char ("Armee-Panzer-Jäger-Abteilung 753", en allemand) en date du 13 mai 1944 
* est fait prisonnier de guerre par l'Armée soviétique
* quitte le camp de transit de Gronenfelde (près de Francfort / Oder) le 5 juin 1948
* est décédé le 12 octobre 1996 à Leipzig.
Sa présence à Bruxelles n'est pas expliquée.

Meilleures salutations,
JJ Marie"


Si nous sommes avancés? Oui. La question que j'avais posée au Deutsche Dienststelle était de savoir s'il avait survécu à la guerre. Nous savons maintenant que oui.


Ce que nous apprenons en plus: 

* son année de naissance: 1923. La photo a été prise en 1937. Il a alors 14 ans. Il rentre comme apprenti chez Krupp à 15 ans et se retrouve avec la Wehrmacht à Bruxelles à 18 ans. 

* sa dernière affectation connue: la 2ème compagnie du 753ème régiment des chasseurs de chars. Cette compagnie fait partie de la 18ème armée et se retrouve encerclée dans la poche de Courlande, sur le front de l'Est. 

* qu'il est fait prisonnier de guerre par les troupes soviétiques. On ne sait pas dans quel camp il "séjourne", on sait juste qu'il quitte Gronenfelde le 5 juin 1948.

Cette information nécessite un tout petit peu d'explication... Gronenfelde est un camp de transit, passage obligé pour tous les soldats allemands qui reviennent du front de l'Est. 

Les Soviétiques gardent les prisonniers allemands sur leur territoire, et les "exploitent" à titre de dommages de guerre. Le taux de mortalité, dans ces différents camps de travail forcé, tourne autour des 39% (selon les estimations de la Croix Rouge réalisées en 1964). Les détenus "malades" sont renvoyés en Allemagne, à Gronenfelde, où ils sont pris en charge médicalement. Les premiers arrivent en 1946, les derniers en 1950. On peut supposer qu'il n'y est pas arrivé en bon état, mais c'est juste une supposition. 
 
En 1948, lorsqu'il quitte son camp de prisonnier, il a 24 ans. Hé bien, je ne le connais pas, mais je suis contente qu'il ait survécu et qu'il ait pu connaître "autre chose" que les champs de bataille. J'espère qu'il a eu une belle vie.


Repose en paix Otto...




Je remercie chaleureusement Monsieur JJ Marie et le Deutsche Dienststelle pour le travail de recherche réalisé.

Bon dimanche,

Callisto 

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